Sélectionner une page
Le texte ci-dessous a été lu par Edon Duraku, membre du comité de notre association, dans le cadre d’une table ronde ayant pour thème les perspectives économiques, touristiques et d’investissement.

Bonsoir à tou·te·s,

Je me nomme Edon Duraku, et je suis étudiant en Sciences de la société à l’Université de Genève. Je suis membre de l’association des étudiant·e·s albanais·es de Genève depuis 3 ans et c’est en qualité de représentant de cette dernière que je suis présent ici. Mon intervention va principalement porter sur la transmission du savoir, des connaissances et des opportunités entre les étudiant·e·s Albanais·es en Suisse et ceux·celles du Kosovo.

Pour commencer, je vais prendre ici un objet qui symbolise au mieux le savoir et par conséquent les étudiante·s durant (et je l’espère après) leur parcours académique. Il s’agit du livre. Je vais utiliser celui-ci comme illustration de la problématique dans laquelle nous nous trouvons. Comme vous le savez sans doute, le salon du livre a lieu toutes les années à Genève. Et malheureusement depuis deux ans, le stand des livres albanais n’y est plus présent. Je crois que cela est symptomatique des relations qu’entretiennent aujourd’hui le Kosovo et l’Albanie avec sa diaspora. Cela nous amène, nous étudiant·e·s, à questionner la qualité des échanges et de la transmission du savoir, si même l’objet qui symbolise au mieux le savoir se trouve être retiré de l’équation.

L’association des étudiant·e·s albanais·es de Genève a pour but, entres autres, d’aider et d’accompagner les étudiant·e·s venu·e·s d’Albanie, du Kosovo ou de Macédoine, quant à leur parcours académique, ainsi qu’à les familiariser avec l’environnement universitaire. Notre association est membre fondatrice de la fédération des associations d’étudiant·e·s albanais·es en Suisse. Celle-ci vise, par ailleurs, à collaborer avec les étudiant·e·s albanais·es dans les Balkans. C’est dans ce cadre il y a un an, que nous sommes allés à la rencontre des étudiant·e·s de l’école polytechnique de Tirana et nous comptons réitérer l’expérience avec les étudiant·e·s de Prishtina en 2020.

Toutes ces initiatives de collaboration ont été entrepris par les étudiant·e·s eux-mêmes et par la seule force de notre volonté. L’université de Genève compte près de 300 étudiant·e·s albanais·e·s, issu·e·s de la diaspora ou venu·e·s directement du Kosovo, d’Albanie ou de Macédoine. Chaque année, plusieurs dizaines de ces étudiant·e·s obtiennent un Bachelor ou un Master. Nous savons qu’elles·ils sont fortement attachés à leur pays d’origine. Malheureusement, nous nous trouvons face à des contraintes qui nous empêchent de construire des projets concrets de collaborations et d’échanges avec les étudiant·e·s du Kosovo et d’Albanie.

Si nous traitons principalement ici des potentiels d’investissement au Kosovo, nous savons que le capital humain est un déterminant essentiel de développement économique. Et je crois que nous devons nous rendre à l’évidence qu’il s’agit là d’un problème politique. Le capital humain au Kosovo est entravé par la classe dirigeante. Le pays se vide de sa jeunesse chaque année. Si la libéralisation des visas pourrait être une solution pour que puisse naître des programmes d’échanges tel qu’Erasmus et des transmissions des compétences tout en luttant contre la fuite des cerveaux, ceux-ci sont bloqués à cause de la corruption qui empoisonne toujours le Kosovo aujourd’hui.

Nous avons ici eu la chance de pouvoir nous former en Suisse, dans des établissements qui sont gages de qualité. C’est pourquoi, notre souhait est de mettre à disposition nos connaissances, mettre à profit la qualité de nos formations. Et ceci, dans tous les champs possibles. Que ce soit dans l’économie, l’enseignement, la pédagogie ou la médecine. Tant de domaines qui font défaut au Kosovo. Nous pensons qu’il faut faciliter la venue des étudiant·e·s du Kosovo en Suisse et à Genève. Mais également du corps enseignant, mettre en place des stages, des formations pour le personnel médical par exemple. Nous pensons aussi qu’il faut que le Kosovo mette en place des structures, des canaux pour accueillir des étudiant·e·s suisses, des doctorant·e·s pour développer la recherche à ce jour inexistante dans les universités du Kosovo. Aujourd’hui nous souhaitons ouvrir le dialogue avec le ministère de la diaspora et le gouvernement genevois afin de savoir ce qu’il est possible de faire pour mettre en place concrètement des canaux d’échanges, mettre en lien les étudiant·e·s, les jeunes professionnels d’ici et de là-bas.

En attendant notre association s’inquiète fortement du sort des étudiant·e·s et des universités au Kosovo, qui par ailleurs, il faut le rappeler, n’ont pas fait partie du processus de Bologne. Nous nous inquiétons également de la qualité de l’enseignement. Le rapport PISA établie en 2016 en témoigne, et même si cela concernait les enfants en fin de scolarité obligatoire, cela en dit long sur la qualité générale de l’enseignement. Nous demeurons malheureusement pessimistes, car comme je le mentionne plus haut, il s’agit là d’un problème politique, et nous doutons fortement de la capacité du gouvernement actuel à résoudre les problèmes qui entrave le développement économique du Kosovo.

Merci de m’avoir écouté.
Edon Duraku, représentant de l’association des étudiant·e·s albanais·es de Genève.

Share This