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Le texte ci-dessous a été utilisé comme description dans le cadre de l’exposition photos “Kosovo War, 20 years ago.”

Les victimes :

Entre l’année 1998 et 1999, la guerre du Kosovo a causé la mort de 13’535 personnes, dont 10’333 civils.10’812 Albanais trouvèrent la mort dans le conflit, 2’197 Serbes et 526 personnes faisant partie de la communauté Roms, Ashkali et Bosniaques. Parmi les victimes, on compte 1’235 jeunes de moins de 18 ans, dont 375 avaient moins de 10 ans et 229 moins de 5 ans. Les personnes âgées ont été aussi lourdement touché lors de la guerre, on dénombre 2002 morts âgés de plus de 65 ans.

2’128 Soldats Albanais de l’Armée de Libération du Kosovo perdirent la vie au combat.

1’006 soldats et paramilitaires serbes ont perdu la vie pendant la guerre du Kosovo

Les refugiés :

Le gouvernement serbe de Milosevic avait pour but le nettoyage ethnique des Albanais du Kosovo. Ainsi, 862’797 Albanais du Kosovo sont forcés de fuir le Kosovo.

Des abris de fortune sont mis en place dans les pays voisins. On compte ainsi environ 440’000 réfugiés en Albanie, 320’000 en Macédoine, 70’000 au Monténégro et 30’000 en Bosnie-Herzégovine.

Plus de 80% de la population du Kosovo est obligé de fuir le pays et plus de 90% des Albanais du Kosovo doivent quitter leurs foyers.

« Les forces de la RFY et de la Serbie ont, de manière systématique, expulsé de force et déplacé des centaines de milliers d’Albanais du Kosovo de leurs habitations dans toute la province du Kosovo. Pour faciliter ces expulsions et ces déplacements, les forces de la République Fédérale de Yougoslavie et de la Serbie ont intentionnellement créé un climat de peur et d’oppression par le recours à la force, les menaces de force et les actes de violence. » Human Right Watch

Les dégâts matériels :

Selon le HCR, sur un total de 237’842 maisons, 45’768 sont fortement endommagées et 46’414 sont détruites, soit 40% des maisons résidentielles. La ville de Suharekë a vu 55% de ses maisons détruites, 77% pour la ville de Drenica et 80% pour la ville de Peç.

Parmi les 649 écoles au Kosovo, 60% ont été complétement détruites et 20% lourdement endommagés. 218 Mosquées (sur un total de 560) et 11 Tekkés ont lourdement été endommagés ou détruites. Aucune église ou monastère orthodoxe n’a été détruit pendant la guerre. Malheureusement, à la fin de la guerre, en guise de représailles, 40 sites orthodoxes serbes sont endommagés ou détruits.

Sur les 20’000 puits au Kosovo, plus de la moitié ont été contaminés par des restes d’animaux ou d’êtres humains, ou par des déchets.

Les forces serbes et yougoslaves ont placé environ 50’000 mines antipersonnel et antichar au Kosovo, notamment le long des frontières avec la Macédoine et l’Albanie

Les disparus :

Selon le CICR, on dénombre 3’525 personnes disparues après la guerre du Kosovo. À ce jour 1’696 personnes sont toujours portées disparues.

En 2001, le TPI avait exhumé environ 4’300 victimes d’homicide par des Serbes et les forces gouvernementales yougoslaves au Kosovo.

En 2001 à Batajnica près de Belgrade, un charnier contenant le corps 700 Albanais est découvert sur le site d’une caserne anti-terroriste de la police serbe.

En décembre 2013, un autre charnier est découvert au sud de la Serbie, contenant le corps de 250 Albanais.

En mars 2014, 48 corps d’Albanais ont été retrouvés dans un aéroport militaire près de Belgrade.

« Le 10 juin, deux jours avant l’entrée de l’OTAN au Kosovo, environ 2’000 prisonniers albanais ont été transférés du Kosovo dans des prisons situées à l’intérieur même de la Serbie. Plus de 1’400 de ces personnes ont été libérées à différents moments en 1999, 2000 et 2001, certaines en vertu d’une loi d’amnistie yougoslave votée en février 2001. En mars 2001, environ 400 Albanais du Kosovo se trouvaient dans des prisons serbes. » Human Right Watch.

Les viols :

1’874 filles et femmes ont trouvé la mort dans la guerre du Kosovo. Les femmes ont également payé un lourd tribut pendant la guerre, car on estime qu’environ 20’000 viols ont été commis pendant la guerre du Kosovo.

Le viol est une arme de guerre qui a pour but de terroriser la population, d’extorquer de l’argent, de pousser la population à fuir le pays et à laisser une trace indélébile sur le corps des victimes.

« Rape is a wound that will burn your soul day by day; it will make you ashamed in front of your family, in your community. You will carry it all of your life. If a woman had no hand, she would be proud to say that she had lost it in the war; if she was blind, or had lost her legs, everyone would help her. But this, they have kept secret in their hearts, and they could not tell »

L’OTAN :

En octobre 1998, l’Otan, par la menace de frappes aériennes, avait réussi à imposer un cessez-le-feu à Slobodan Milosevic et la venue de 2’000 vérificateurs de l’OSCE, chargés de surveiller cet accord.

Après avoir été averti par la communauté internationale, qu’aucun autre massacre ne sera toléré, après les crimes de masses qui ont eu lieu en 1998, Milosevic rompt cet accord avec le massacre de Reçak du 15 janvier 1999. Il s’agit du massacre de 45 civils albanais commis par la police serbe. Cela a été confirmé par les rapports du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et Human Rights Watch. Après la guerre, le massacre a été inclus dans l’acte d’accusation du TPIY contre Slobodan Milosevic, lequel a effectivement commandé l’unité, et ses complices.

Condamné par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, le massacre de Reçak est devenu une des causes principales de l’ultimatum pour des négociations à Rambouillet (France) entre la République fédérale de Yougoslavie et des représentants de la communauté albanaise kosovare. Les négociations ayant échoué, l’OTAN lancé le 24 mars 1999 une campagne de bombardement contre les forces yougoslaves, la police serbe et les groupes paramilitaires, dans le but déclaré d’empêcher qu’une catastrophe ne se produise au Kosovo en matière de droits humains. Mais les forces yougoslaves, la police serbe et les groupes paramilitaires ont réagi en multipliant les atteintes aux droits humains, tels que les meurtres et viols de milliers d’albanais.es et les déplacements. Des centaines de milliers de membres de la communauté albanaise ou de minorités ethniques ont fui le Kosovo pour se réfugier en Albanie et en Macédoine voisines ou ont été déplacés à l’intérieur de la province. Selon le Haut Commissariat pour les Réfugiés, il s’agit de plus de 260’000 personnes déplacées à l’intérieur du pays au Kosovo, plus de 100’000 réfugiés dans la région, et plus de 100’000 réfugiés ou demandeurs d’asile en dehors de la région. Pendant toute la période des bombardements, selon les figures de l’OTAN, presque un million d’habitants ont quitté le Kosovo et un demi-million était déplacé à l’intérieur du pays.

Fin de la guerre

« En juin 1999, l’OTAN a mis un terme à sa campagne de bombardements après la conclusion avec les autorités de République fédérale de Yougoslavie d’un Accord militaire technique. Aux termes de cet accord, l’ensemble des forces yougoslaves, de la police serbe et des groupes paramilitaires serbes a quitté le Kosovo et une force militaire placée sous la direction de l’OTAN, la Force internationale de paix au Kosovo (KFOR), a pris le contrôle du territoire. Une Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) a également été créée. »

« Le retour des Albanais a provoqué un exode de quelque 200’000 Serbes, Roms, Ashkalis, Egyptiens et d’autres minorités.  Au fil des années, quelque 16’000 Serbes et Roms sont rentrés au Kosovo ».

    Sources :

    • Sources Humanitarian Law Center – Kosovo Memory Book.
    • Under orders, Human Right Watch
    • An analysis of the human rights findings of then OSCE Kosovo Verification Mission October 1998 to June 1999
    • No Safe Place: An Assessment on Violence against Women in Kosovo by Rachel Wareham
    • « Woundsthatburnour souls » Compensation for Kosovo’s war time rape survivors, but still no justice – Amnesty International.
    • INTERVENTION DE L’OTAN EN YOUGOSLAVIE « Dommages collatéraux » ou homicides illégaux ? Violations du droit de la guerre par l’OTAN lors de l’opération « Force alliée »
    • https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2009/11/4b0286176/nouvel-avenir-famille-rom-retour-kosovo.html?query=kosovo
    • ICRC, Explosive Remnants of War, Cluster Bombs and Landmines in Kosovo (Rev’d Edn, Geneva, June 2001)
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